J'aime les livres et j'en suis fière 2

19 septembre 2011

American psycho - Bret Easton Ellis

1235067577_american-psycho♡♡

Patrick Bateman, 26 ans, flamboyant goldenboy de Wall Street, fréquente les endroits où il faut se montrer, sniffe quotidiennement sa ligne de coke, et surtout ne se pose aucune question. Parfait yuppie des années quatre-vingt, le jour il consomme. Mais la nuit, métamorphosé en serial killer, il tue, viole, égorge, tronçonne, décapite.

Portrait lucide et froid d'une Amérique autosatisfaite où l'argent, la corruption et la violence règnent en maîtres, American Psycho, qui fit scandale lors de sa parution aux Etas-Unis, est aujourd'hui en best-seller mondial.

Mon avis

Au début, on voir combien Patrick Bateman est un jeune goldenboy bien sous tous rapports, qui prend soin de lui et se soucie de son apparence, donne des conseils avisés et exhaustifs sur la façon de soigner sa peau, ses cheveux, son corps, ses mains… Puis, peu à peu, par petites touches, une petite réflexion par-ci par-là, on se rend compte qu’il y a un truc qui cloche. Peu à peu, il se dévoile, l’air de rien, comme si avoir envie d’égorger une femme ou envoyer des vêtements ou des draps tachés de sang au pressing étaient des choses tout à fait normales. Cette façon d’annoncer de façon aussi anodine, au milieu d’une phrase qui n’a rien à voir, les horreurs qu’il a pu commettre, me ferait presque hurler de rire (si j’étais moi aussi une psychopathe).
Cette histoire semble surtout être l’occasion d’une description sans scrupules de cette classe de la société américaine où l’on se fout de tout, sauf de la marque des vêtements qu’on va porter demain, du prix des tableaux qu’on accroche à ses murs et du restaurant huppé où l’on va aller manger le soir. Tout le monde se connaît mais personne ne se reconnaît, les conversations sans queue ni tête prennent parfois des proportions aberrantes, au point de se demander si on n’est pas chez des extraterrestres, mais c’est raconté avec tellement de naturel qu’on se dit qu’en fait, si, ça doit être possible d’être aussi inintéressant tout en étant persuadé d’être le roi du monde.
On m’avait promis un truc de ouf, le psychopathe du siècle, un mec ignoble et fascinant. Effectivement, les scènes de torture, de boucherie, de viol, de simple cruauté qui finissent quand même par arriver à un moment très avancé du bouquin, sont assez dégueu. Mais pour ce qui est de la psychologie du type, c’est juste une espèce de taré sans intérêt qui aime faire du mal à tout ce qui bouge. Pourquoi il le fait ? Allez savoir. Peut-être pour donner un peu de piment à son existence plate et désespérante qui, sinon, ne tournerait qu’autour se son fric, de ses fringues Armani, des quelques pouffes qui lui couinent leurs malheurs à l’oreille, de sa Rolex et de son matériel de sono. Bon, d’accord, j’oublie les super restos et le p’tit rail de coke qui viennent égayer un peu tout ça.
Toujours pas convaincue par Ellis, donc. Dommage, je me suis un peu emballée et j’en ai encore deux à lire à la maison…

Élégamment rédigé par Sunny Suny à 08:37 - Thriller - Commentaires [5] - Permalien [#]
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Commentaires

    C'est marrant, American Psycho reste une de mes grandes claques de lectrice.
    Après je pense que c'est un bouquin à remettre dans son contexte. Générationnel quoi. LE roman des années 90. Sorti de là, il perd sans doute un peu de sa valeur.
    Mais sinon tu ne parles pas de la dimension comique du bouquin, tu n'y as pas été sensible ?

    Oups, c'est la première fois que viens ici et je me permets de prendre mes aises. Sinon j'aime beaucoup ton blog. Je reviendrai sans aucun doute.

    Posté par AlterVorace, 24 septembre 2011 à 14:41
  • Mais y'a pas de souci, prends donc tes aises, c'est le but ^^
    Certes, ce roman a ce quelque chose qui en fait un roman marquant. En général, les livres qui ne me plaisent pas trop ne me marquent pas, je les oublie sous deux semaines (ce qui a été le cas de Lunar Park, par exemple).
    Pour la dimension comique, comme je le disais, les allusions à ses horreurs au milieu de déblatérations futiles, m'ont beaucoup amusée. Mais peut-être n'est-ce pas là que réside vraiment cette dimension comique? Dans ce cas, effectivement je n'y ai probablement pas été sensible... Mais je veux bien en discuter ^^
    Rien ne m'empêche de le relire un jour, avec une autre approche, surtout sachant que je semble être la seule parmi toutes les personnes que je connais qui l'ont lu à ne pas avoir été sensible au message profond de ce bouquin ^^"

    Posté par Suny, 24 septembre 2011 à 18:57
  • Bah perso y a des bouquins qui me laissent froides alors que des tas d'amis les ont trouvé géniaux. Il y a aussi des questions de moments, d'incompatibilité, de rencontres littéraires râtées. Bref il n'y a pas une oeuvre au monde qui fasse l'unanimité. Sinon on ne parlerai pas d'art.

    Posté par AlterVorace, 24 septembre 2011 à 19:48
  • Et je dirais : heureusement! Aimer ce que tout le monde aime, c'pas intéressant :p

    Posté par Suny, 24 septembre 2011 à 20:17
  • Et tellement moins drôle quand tu tombes sur quelqu'un étroit d'esprit ! mdr.

    Posté par AlterVorace, 24 septembre 2011 à 20:23

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